Agri Ressources, retour à la page d'accueil
 Vous êtes ici : Accueil > PAUS'ELEVAGE > Travailler autrement > Production, volume, investissement, travail : quel optimum pour quel revenu ?

Production, volume, investissement, travail : quel optimum pour quel revenu ?

Flux RSSImprimer la page

Depuis plus de 50 ans les exploitations agricoles s’agrandissent régulièrement en surface comme en troupeau. La production  laitière par vache s’accroît régulièrement le volume de lait produit par hectare semble néanmoins plafonner.  Pour les élevages allaitants, la productivité par hectare stagne depuis plusieurs années mais les exploitations poursuivent leur agrandissement. Est-ce une voie à suivre ? Jusqu’où cela pourrait-il aller ?  Quel impact sur le revenu  ?

Les analyses convergent :  la progressivité de l’agrandissement doit être réfléchi. Il faut raisonner le système de production dans son ensemble, en veillant à l'adéquation :

  • surface
  • troupeau 
  • travail
  • matériel
  • potentiel agronomique
  • pratiques agronomiques et zootechniques.

L’agrandissement peut avoir pour conséquence  la dispersion des parcelles comme du travail. Avec l’éloignement, la qualité du suivi des cultures, comme le suivi du troupeau s’en ressentent. Les temps et les coûts de transport pèsent fortement sur l’activité de l’exploitation.

Prendre en compte ses coûts de production


Le parc matériel grandit encore plus vite que l’exploitation, les charges s’accumulent, on observe souvent l’accroissement de l’endettement, la dépendance du système aux banques, aux achats extérieurs. Les charges de mécanisation  (carburants, lubrifiants, entretien matériel, travaux par tiers (CUMA, ETA), amortissement du matériel en propriété.) progressent vite. 

  • Elles représentent aujourd’hui 30% des charges de production (25% il y a 30 ans). 
  • Le poste «mécanisation » est la principale composante du coût de production et nécessite une forte attention.
  • Il n'y a pas d'économie d'échelle, malgré l'agrandissement des exploitations, les charges de mécanisation par ha de SAU continuent d'augmenter (247 € constants 2016/ha SAU en 1990, 311 € constants 2016/ha SAU en 2016).

Une analyse  de la situation peut être réalisée, sous différentes formes (conseil individuel ou collectif, formation...) .

L'IDELE  propose un outil pour le calcul de ces couts de production, COUPPROD , concu pour les productions ovines bovines lait et viande. 

A découvrir  dans la vidéo ci-dessous :

Des économies d'échelle sont-elles possibles en polyculture élevage ?

Pour les exploitations bovins viande, l'analyse de Patrick Veysset, de l'INRAE  est la suivante  : " La grande taille des exploitations bovin viande - cultures n’entraine ni économie d’échelles ni économie de gamme. La simplification des pratiques induite par leur taille importante semble pénaliser les résultats économiques ».

Ces éléments sont issus de l'étude "Diversité des systèmes de production et des fiières  bovines en France", Patrick Veysset, Luc Delaby

Pour la filière laitière,  Yannick Pechuzal  (chef de projet conduite de projets et encadrement des réseaux d’Elevage Bovin Lait  (Massif central))  est plus nuancé.

Produire plus ou produire mieux

Toute décision d'investissement, de modification de la structure (taille, collectif de travail) ou de la production, entraine des conséquences en cascade sur tout le système. Ces conséquences peuvent être d'ordre :

  • managériales,
  • économiques,
  • productives,
  • environnementales

... et sont très difficiles à appréhender dans leur ensemble dans la mesure où tout bouge en même temps.

Il faut prendre en compte le système ou l'exploitation dans sa globalité, intégrant les interactions biotechniques, économiques, organisationnelles entre les composantes du système,  pour apprécier ou simuler les conséquences potentielles d'une décision.

Il est parfois plus pertinent de produire mieux que produire plus en :

  • Valorisant les interactions élevage cultures (cycle carbone, fumiers et amendements),
  • Accroissant la part de l’herbe et du pâturage  pour l’alimentation des animaux
  • Recherchant l’autonomie de l’exploitation (fourragère, protéique)  
  • Passant en bio pour rémunérer l’extensification du système  (et ou la charge de travail)

Ces systèmes peuvent avoir des performances économiques, sociales et environnementales supérieures à beaucoup de systèmes en place.


A découvrir : Le témoignage de Fabrice Charles éleveur laitier dans les Côtes d'Armor :  Faire autrement c’est possible! Il a doublé son revenu en réduisant son temps de travail !  
 

Aller voir ailleurs pour partager conseils et expériences

Faire ces démarches seul reste risqué. Solliciter du conseil auprès d'experts, suivre des formations, rencontrer d'autres éleveurs permet d'éclairer les choix et les options à prendre.


Pour approfondir  sur la thématique  « pourquoi /comment produire autonome », de nombreux témoignages d'éleveurs sont disponibles  ici.