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Fiche de synthèse : Comment les détruire ?

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La destruction d’un couvert végétal résulte d’un compromis entre deux objectifs : laisser le temps au couvert de se développer pour atteindre les objectifs recherchés et éviter un effet dépressif sur la culture suivante. Les techniques de destruction sont variées et sont à raisonner en fonction du contexte pédo-climatique de l’exploitation et d’autres contraintes liés à la règlementation ou à d’éventuels cahiers des charges (couverts cynégétiques).
Le choix de la date d’intervention

D’une manière générale, le couvert sera à détruire  juste avant le semis avant une culture d’hiver et deux mois avant pour une culture de printemps pour limiter la concurrence vis-à-vis de la ressource en eau et le risque de « faim d’azote » pour la culture suivante, dans le cas d’un couvert ligneux. D’autre part, un couvert bien développé est plus facile à détruire qu’un petit couvert. 

D’autres éléments sont à prendre en compte : 

  • Le type de sol et la conduite culturale (labour, sans labour) : avant la mi-décembre en sol argileux. 
  • Les conditions météorologiques
  • La composition du mélange : si celui-ci est à base essentiellement de légumineuses, il sera à détruire au plus près du semis de la culture suivante afin de profiter d’un maximum de restitution de l’azote minéralisé (cf.partie agronomie). 
  • Le cahier des charges de couverts spécifiques (cynégétiques, mellifères, etc.).
  • La réglementation en zone vulnérable : 

              - Cas général : après le 15 novembre et avec au minimum 2 mois de présence du couvert
              - Spécificité selon taux d’argile : se rapprocher de sa chambre départementale d’agriculture
              - Légumineuses pures : après le 1er mars

Les différentes techniques de destruction

Destruction chimique : cette solution présente l’avantage d’être efficace sur de nombreuses espèces et d’avoir un gros débit de chantier, sans dégât sur la structure du sol. Elle est proscrite en zone vulnérable et présente des risques vis-à-vis du milieu naturel. 

Gel : solution économique, rapide mais efficacité très aléatoire selon l’année et le type d’espèces. Plus la plante est développée et plus elle est sensible au gel.  Le sarrasin, le nyger, le moha sont très sensible au gel  (à partir de -1° ces plantes sont détruites) contrairement à la vesce. Attention également à la gestion des adventices peu gélives (repousses de blé par exemple) dans un couvert composés d’espèces sensibles au gel 

Roulage sur sol gelé : passage d’un rouleau lourd sur végétation gelée – accentue l’effet du gel sur les tissus de la plante. Solution rapide et assez économique mais fonction des périodes de gel et du type d’espèces. Attention à la gestion des adventices. 

Broyage : utile dans le cas de fort développement du couvert sans travail du sol. La biomasse sera broyée et laissée en surface et facilitera la reprise du sol par un labour par exemple ou un déchaumage. Technique déconseillée sur des couverts type seigle, raygras. Attention au risque de destruction de la petite faune ou des nichées d’oiseaux. Le temps de travail, et le tassement du sol sont les inconvénients de cette technique. 

Labour : Efficacité sur de nombreuses espèces. Permet de « faire d’une pierre deux coups », c’est-à-dire profiter du retournement du sol pour détruire le couvert sans passage supplémentaire. Inconvénient : risque de bourrage en cas de couverts trop hauts et risque de reprise en végétation de certaines espèces grâce à leur organe de réserve (radis, navette). 

Travail du sol superficiel : un outil de déchaumage présente l’avantage de détruire le couvert tout en préparant le lit de semence pour la culture suivante. Solution économique et plutôt rapide. Attention de travailler dans de bonnes conditions de ressuyage et plutôt avec un outil à disques qui permettent de mulcher le couvert. 

 

Pour plus d'informations vous pouvez également lire : OPTER POUR LA TECHNIQUE DE DESTRUCTION DES COUVERTS LA PLUS APPROPRIÉE