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Les conséquences sur la ressource en eau et les végétaux

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Conséquences sur la disponibilité des ressources en eau et sur les végétaux


L'eau devient une ressource de plus en plus rare.
Les augmentations  de la température et del’évapotranspiration ont pour conséquence une diminution nette  de la ressource en eau.
Cela se manifeste en Auvergne-Rhône-Alpes par une baisse des débits des rivières et des étiages plus intenses, plus longs, et débutant plus tôt dans l’année.
En particulier dans les départements du sud de la région (Ardèche, Drôme, Loire, Cantal).
Cela conduit à des tensions en période d’étiage entre l’agriculture, la production énergétique (notamment hydroélectrique) et le tourisme. Ces tensions risquent de s’aggraver fortement là où elles existent déjà, et apparaissent de plus en plus sur des territoires jusque là  en situation de relatif confort hydrique.


A consulter : le site de l'Observatoire régional climat air énergie , zoom sur les impacts du changement climatique en Auvergne-Rhône-Alpes

 
Par quels leviers ces changements climatiques impactent-ils la croissance de la végétation ?  


Le développement de la végétation dépend de 3 facteurs de croissance qui sont notoirement impactés par le changement climatique :
•     Le déficit climatique (P - ETP) : s'il est négatif, il y a arrêt de la croissance (stress hydrique).
•     La température : Avec le réchauffement observé, le gain de temps thermique (somme des degrés-jours) augmente la production de biomasse si l'alimentation en eau est satisfaisante et elle se traduit aussi par un gain de précocité au printemps.
•    La concentration en CO2 de l'air : son augmentation a été de 50 ppm sur les 30 dernières années. Elle permet un gain de croissance moyen de + 3% sur un couvert à dominante de graminées.

Ces 3 facteurs ont une multitude d'impacts sur les activités agricoles avec des événements récurrents (déficits hydriques par exemple) et des évènements extrêmes caractérisés par une grande variabilité (canicules par exemple)"  
Tableaux expliquatifs à consulter : Adaptation des systèmes fourragers d'élevage aux changemetns et aléas climatiques-ClimFourrrel 2 
Zoom sur les territoires de montagne, IMPACTS DU CHANGEMENT CLIMATIQUE ET ADAPTATION EN TERRITOIRE DE MONTAGNE


Conséquences à venir sur la culture du maïs

La croissance du maïs sera marquée par un démarrage de végétation plus précoce, un échaudage important en été et un maintien du maïs plus tardif à l’automne. Ainsi, les récoltes en maïs ensilage seront plus précoces et donc plus favorables à l’implantation de dérobées post-récolte, tandis que les récoltes en maïs grain pourront être plus tardives.
Les choix variétaux pourront s’orienter vers des variétés avec des indices plus importants.
Un risque de diminution de la pousse en été et un impact négatif des fortes chaleurs sur la fécondation sont cependant à prévoir.

Conséquences sur les prairies : une pousse de l’herbe plus précoce

On observe une avancée en précocité de la végétation et une nouvelle cinétique de l'herbe se met en place.

L'observatoire régional des effets du changement climatique conclut à une avancée en précocité des prairies de 4 à 12 jours sur les différentes stations suivies en Auvergne-Rhône-Alpes... avec des avancées plus marquées pour des espèces à phénologie tardive et des prairies situées en altitude.


Globalement, la  pousse de l’herbe devient donc plus précoce au printemps (surtout en altitude) mais le maintien de gels tardifs et l’apparition de fortes chaleurs en fin de printemps et en été ont pour conséquence de stopper la végétation .

En revanche, des températures d’automne plus élevées sont favorables à une reprise de croissance tardive. Parallèlement, la production fourragère augmente sur la période septembre-avril, en lien avec des cycles de l'herbe plus précoces au printemps et plus tardifs à l'automne.

A consulter  : la fiche indicatrice de l'OREEC,sur la phénologie des prairies et dans la page d'accueil du site présentant le projet AP3C , le paragraphe "Résultats"

 

Quelles conséquences sur la production fourragère ?


Les travaux de ClimFourel ont montré que :

  • globalement, sur la période 1980 à 2008, l’augmentation de la température a permis d’accroître la productivité des prairies au printemps (+25%) et en automne (10-15%)
  • mais l’effet « sècheresse » s’est traduit par une diminution de cette productivité en été (-28%) et en automne (-18%).

Ainsi, on estime que sur près de 30 ans, et qu'à cause de la combinaison de l'augmentation de la température et  la sécheresse, la productivité d’une prairie a diminué d’environ  une tonne de matière sèche par hectare en moyenne.


A consulter :Impacts du changement climatique de 1950 à 2009 sur la production fourragère dans le sud de la France-Climfourrel 


Enfin, si la tendance générale est d’avoir plus d’herbe au printemps et en automne, et beaucoup moins en été, il faut  noter une grande variabilité interannuelle liée aux caractéristiques climatiques saisonnières propres à chaque année, avec notamment des différences en terme de jours de pluies, d’apparition de coups de froid ou à l’inverse de périodes de canicules ce qui constitue une difficulté majeure pour les exploitations agricoles qui doivent inscrire la gestion de ces aléas climatiques et fourragers dans leur fonctionnement.


Quelles conséquences sur l'utilisation de l'herbe ?    


On sait faire correspondre les différents stades d'utilisations de l'herbe (patûrage, fauche précoce, fauche tardive…) avec une somme de températures accumulées exprimée en degré jours : voir l'étude CLIMFOURREL, Adaptation des systèmes fourragers d'élevage aux changements et aléas climatiques.


Si on compare les périodes 1980-1985 et 2005-2010 en utilisant cette correspondance, on constate une avancée moyenne des stades de l'utilisation de l'herbe en Rhône-Alpes de l’ordre de :
•    5 jours pour la mise à l’herbe,
•    10 jours pour les fauches précoces (ensilage, enrubannage, séchage en grange)
•    12 jours pour les foins précoces,
•    11 jours pour les foins tardifs.
Ces moyennes cachent une diversité infra-régionale assez forte.


ZOOM sur les alpages

Du fait de températures plus élevées et de la réduction de la période d’enneigement, la végétation des alpages est également amenée à démarrer en moyenne de plus en plus tôt dans la saison, et à continuer de pousser de plus en plus tard à l’automne.

Un allongement de la période de végétation est donc observée. Et si  potentiellement, la production totale de biomasse sur l’année pourrait augmenter, un accroissement constaté de l’intensité des sécheresses estivales fait craindre des creux de production fourragère plus fréquents à cette saison.
On peut aussi s’attendre à une augmentation des épisodes de gel après le démarrage de la végétation au printemps et à l’automne (diminution de l’effet protecteur de la neige lié à la diminution de la durée de l’enneigement), ce qui diminue alors la quantité et la qualité de la ressource fourragère.

Le pâturage, mode d'utilisation exclusif des alpages, demande un équilibre permanent entre besoins des troupeaux et état des différentes végétations mobilisables.

Le changement climatique et l'augmentation des aléas impactent fortement cette gestion des alpages car la réalisation de cet équilibre sera de plus en plus complexe à mettre en oeuvre."  
Consulter   : Comprendre le changement climatique en alpage  


Quelles conséquences sur le système fourrager des éleveurs  ?    


 Plus globalement, de nouveaux équilibres sont à rechercher entre d'une part, un renforcement des incertitudes sur la réalisation des stocks de fourrage et sur le pâturage estival et, d'autre part, la valorisation de nouvelles opportunités (pâturage de printemps et d'automne par exemple).


A consulter : les diagrammes fourragers proposés dans la présentation Conséquence du changement climatique sur la production fourragère et perception des éleveurs